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...ça monte, ça monte, très haut, encore plus haut. On se cramponne à la barre, on sait que la descente va être terrible, mais peu importe, on y est, on est motivé, excité par cette ascencion vertigineuse, fasciné par le panorama qui s'offre à nous...

C'est un peu cet effet qui nous a habité ces derniers temps, notamment lors du déménagement.

Nouvelle maison, nouvelle chambre, nouveau lit... Loulou a géré chaque changement comme un chef. Je peux même avouer qu'il m'a surprise, je l'avais sous-estimé. Mieux encore, je constate que ses nuits dans notre Sweet Home sont bien meilleures que lorsque nous étions chez Papi et Mamie.
Endormissement plus rapide (bien évidemment, le rituel du coucher est resté le même), moins - voire presque plus - de cauchemars ou de micro-réveils/chouinements.
Je soupçonne la tente Ikea fixée juste au-dessus de lui, sur son lit mi-hauteur en mode "cabane", d'y être pour quelque chose. Depuis qu'il l'a, les nuits sont parfaites. Je pense que son lit est devenu une cachette amusante idéale en journée, mais qu'il devient surtout, le soir venu, un abri rassurant, un cocon dont l'espace réduit fait oublier la grandeur impressionnante - et par conséquent angoissante - de sa nouvelle chambre (passer d'un 9m carrés dans lequel on a vécu à deux pendant 4 ans, à un 13m carrés où on se retrouve tout seul, ça fait drôle !)...

A part ça, très bonne rentrée. Loulou a bien accepté le 2ème chamboulement de ce début d'année scolaire, à savoir celui de changer de classe ET de maîtresse. Ce qui est quand même génial, c'est que son ancienne maîtresse s'est chargée de choisir elle-même la nouvelle "pour être sûre qu'il soit entre de bonnes mains", et a également bien insisté pour que Loulou et son pote Noa soient dans la même classe. Des petits détails, certes, mais qui m'ont vraiment aidé à gérer mes inquiétudes concernant la rentrée en moyenne section de mon bonhomme. Seconde bonne chose : l'attribution d'une nouvelle AVS, qui semble d'ailleurs bien plus professionnelle et soucieuse de se renseigner sur les TED que la précédente. Elle est douce, expérimentée, et Loulou l'aime beaucoup.
Que du bon. Bon, elle n'est là que 9h dans la semaine (soit deux matinées et un après-midi), à mon grand regret, mais n'en demandons pas trop.... ;)

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...et là, la descente est amorcée, on a l'impression qu'on est aspiré par ce vide grandissant, que notre coeur remonte jusqu'à notre gorge, que notre peur se décuple au fil des mètres qu'on avale dans notre chute...

Ma rentrée s'est bien passée. Je suis là où je voulais être depuis un moment, là où j'avais décidé d'aller il y a seulement 4 mois, à savoir en formation pour devenir éducatrice spécialisée.
...Je retrouve le goût d'apprendre, mes réflexes d'étudiante, le plaisir de rencontrer des gens qui ont des projets semblables aux miens... Je me sens à ma place. Qu'est-ce que c'est bon !
Revers de la médaille, Loulou a mal vécu mes absences. Très mal. J'avais pourtant tout préparé : pictogrammes, avec semainier accroché dans sa nouvelle chambre. Malgré tout, ma première semaine de cours aura été la semaine pendant laquelle Loulou a fait le plus de "crises" (au moins une par jour, contre une tous les mois ordinairement). Ce n'est pas de colère dont je parle, mais bien de crise, certains d'entre vous connaissent bien... Un soir, j'ai fini en pleurs au téléphone avec Monsieur S, lui disant que je ne savais plus comment calmer mon fils, qui au même instant hurlait comme un enragé à l'étage auprès de ses grand-parents.
Trois adultes, et aucun n'a su comment l'apaiser. Il s'est épuisé, tout seul, devant nos airs désemparés et compatissants. 

J'ai très mal vécu de voir mon petit garçon dans une telle souffrance, dans un tel état d'angoisse, à hurler jusqu'à s'en briser la voix, à se débattre et à repousser chacune de nos tentatives pour le maintenir et le rassurer, à réciter entre deux pleurs une phrase de dessin animé tout en faisant les cents pas autour de sa table....

Et dire que c'était parti d'un "Non c'est moi qui ferme la porte de la voiture !" , contrarié par un coup de vent sournois qui venait de lui ôter ce petit plaisir habituel, ce geste ancré dans un rituel bien établi (on détache la ceinture ensemble (en synchro), j'ouvre la porte en même temps que la sienne, et c'est lui qui compte jusqu'à trois pour la refermer seul...etc).
Il faut qu'il contrôle, il faut que rien ne lui échappe, encore plus maintenant qu'il ne contrôle pas
 les allés et venues de la présence bienveillante et essentielle de sa Maman, cette Maman qui ne l'amène plus à l'école, cette Maman qui n'apparaît plus au gré de sa seule volonté... 

Fort heureusement, la "chute" n'a duré qu'un temps. 
Nous avons adapté notre quotidien, après avoir constaté que les crises avaient lieu principalement quand ma mère gardait mon fils chez moi. Parce qu'être dans "la maison de Maman et de Loulou" SANS Maman, ça n'avait, pour ainsi dire, pas de sens. Pour mon garçon, c'était se rappeler que je n'étais pas là, et c'était simplement angoissant.
Par conséquent, il a été établi que Loulou resterait dorénavant chez Papi et Mamie le temps que Maman revienne de l'école. 
Et là, après une semaine de test, magie ! Les crises s'espacent, se font rares...

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Et c'est reparti pour une autre ascencion, d'autres avancées, d'autres progrès. Quelques bonnes descentes sont encore au programme, mais le tout est de ne pas se focaliser dessus... et de rester optimiste...
... et patient, très patient.

:)